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Mon adolescent ne me parle plus : comprendre le silence pour recréer du lien

Photo du rédacteur: Benjamin Mortagne
Benjamin Mortagne
3 mai
3 min de lecture

Dernière mise à jour : 10 août

Parfois, ils sont là… mais quelque chose ne circule plus comme avant.
Parfois, ils sont là… mais quelque chose ne circule plus comme avant.

Quand quelque chose change dans la relation


Il y a des moments dans la vie de parent où quelque chose se met à changer sans qu’on puisse vraiment dire quand ni comment. Ce n’est pas brutal, pas toujours visible au départ. Et puis, un jour, on s’en rend compte : les échanges ne sont plus les mêmes.


Avant, votre enfant parlait. Il racontait, même un peu. Il laissait passer des choses de sa journée, de ce qu’il vivait. Et puis, progressivement, les réponses se sont raccourcies. Les silences ont pris plus de place. Les portes se ferment plus souvent. Le regard se détourne. Et avec cela, une impression qui s’installe, parfois difficile à supporter : celle de ne plus savoir comment le rejoindre.


Vous frappez à sa porte. Pas de réponse. Vous hésitez à entrer. Vous repartez.


Un silence qui déstabilise


Ce silence peut être profondément déstabilisant. Parce qu’il vient toucher quelque chose d’essentiel dans la relation. Il peut faire naître de l’inquiétude, de la frustration, un sentiment d’impuissance… parfois même une forme de rejet. Comme si le lien était en train de se défaire, sans que l’on puisse y faire grand-chose.


Et pourtant, ce silence n’est pas vide.


Un silence plein de ce qui ne peut pas se dire


C’est peut-être même l’inverse. Lorsqu’un adolescent ne parle plus, cela ne signifie pas qu’il n’y a plus rien à dire. Bien souvent, cela indique que ce qui se vit à l’intérieur est devenu trop difficile à formuler, trop chargé, ou simplement trop flou pour être mis en mots.


À cet âge-là, tout se transforme en même temps : le corps, les repères, les relations, le regard porté sur soi et celui des autres. Ce qui se joue intérieurement peut devenir intense, parfois déroutant, même pour eux.


Se taire pour tenir


Dans ce contexte, se taire peut être une manière de tenir. Une façon de garder un certain contrôle, de ne pas se sentir envahi, ou de protéger quelque chose de plus fragile.


Le silence n’est alors pas un refus du lien, mais une tentative, souvent maladroite, de se préserver.


Ce que cela vient toucher chez le parent


Du côté du parent, ce silence vient souvent mettre en mouvement beaucoup de choses. Il peut donner envie de poser plus de questions, d’insister, de chercher à comprendre coûte que coûte. Ou, à l’inverse, conduire à se retirer peu à peu, faute de savoir comment faire. Peut-être que vous vous reconnaissez là-dedans.


Entre ces deux mouvements, il y a souvent une même chose qui circule : le lien, qui cherche à se maintenir, mais qui ne trouve plus ses repères habituels.


Le lien ne passe pas toujours par les mots


Car parler n’est pas la seule manière d’être en lien.


Avec un adolescent, la relation peut parfois se déplacer ailleurs. Dans une présence discrète. Dans un moment partagé sans enjeu. Dans une disponibilité qui ne cherche pas immédiatement une réponse.


Ce sont souvent des formes de lien plus silencieuses, moins visibles, mais qui peuvent continuer d’exister malgré tout.


Rendre possible plutôt que forcer


Il ne s’agit pas de “faire parler” à tout prix. Cette idée, aussi compréhensible soit-elle, peut parfois accentuer la fermeture.


Il s’agirait plutôt de rendre possible quelque chose. De laisser des espaces où une parole pourrait, éventuellement, revenir. Dire simplement que vous êtes là. Nommer ce que vous observez, sans accusation. Respecter les moments de retrait, tout en restant présent.


Et surtout, pouvoir reconnaître les petites ouvertures, même lorsqu’elles semblent insignifiantes.


Parce que c’est souvent là que quelque chose se rejoue.


Quand le silence devient plus inquiétant


Bien sûr, il y a des situations où le silence s’accompagne d’autres signes plus préoccupants : un isolement marqué, un retrait important, une perte d’intérêt pour ce qui comptait avant.


Dans ces moments-là, il ne s’agit pas de rester seul face à cela. Le lien peut aussi se soutenir à plusieurs, et demander de l’aide devient alors une manière de prendre soin, autant de son adolescent que de soi-même.


Changer légèrement de regard


Peut-être qu’au fond, la question pourrait se déplacer légèrement. Ne plus seulement se demander pourquoi il ne parle plus, mais essayer de se mettre à l’écoute de ce que ce silence vient dire autrement.


Car même dans ces moments-là, le lien n’est pas nécessairement perdu. Il est souvent en train de se transformer.


Pour terminer


Et cela demande du temps, de la patience… et parfois, de ne pas rester seul avec tout cela.


Et vous, comment vivez-vous ce silence aujourd’hui ?
Avez-vous un espace, quelque part, pour pouvoir déposer ce que cela vous fait vivre ?


Cette réflexion vous rejoint ?

Dix regards — Adolescence propose d’autres pistes pour comprendre ce qui se transforme dans la relation avec un adolescent et préserver le lien lorsque les repères se déplacent.

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